L’apnée

Le grand public a pu découvrir en partie cette discipline grâce au « Grand Bleu », de Luc Besson, qui a fait rêver toute une génération. Mais on s’aperçoit que derrière cette image la pratique de l’apnée reste encore méconnue.

Qu’est-ce que l’apnée ?

Appelée « free diving » en anglais, l’apnée consiste à s’immerger en milieu naturel ou artificiel sans apport d’air auxiliaire, donc avec une simple inspiration.

Il existe plusieurs disciplines :

  • l’apnée statique : immersion la plus longue possible, à faible profondeur, ou bien en surface avec simplement les voies respiratoires immergées
  • l’apnée dynamique : parcours de la plus grande distance à faible profondeur, avec ou sans palme
  • le poids constant : l’apnéiste descend à la plus grande profondeur possible et monte à la palme en conservant son lestage
  • l’immersion libre : descente et remontée en se tractant le long d’un câble.
  • le poids variable : descente à l’aide d’un poids (une simple ceinture de plomb ou bien une gueuse) et remontée à la palme ou en se tractant le long d’un câble
  • le « no limit » : descente à l’aide d’une gueuse et remontée en gonflant un ballon et en se laissant tirer ; c’est la discipline la plus profonde.

Quelle finalité ?
Les motivations des pratiquants de l’apnée sont multiples et se combinent :

  • la découverte du monde sous-marin
  • «le grand bleu», pour le plaisir de la sensation
  • la chasse
  • le sport, la compétition

Enfin, la pratique de l’apnée peut revêtir une dimension métaphysique, avec la recherche de soi, la réflexion sur l’intégration de l’homme dans un milieu qui n’est pas le sien, etc…Beaucoup d’apnéistes pratiquent le yoga, la sophrologie, la méditation, même si la dimension sportive tend à prendre le pas sur des approches plus philosophiques.

Quel matériel ?
L’équipement est relativement réduit, il dépend de la discipline pratiquée et du goût de chacun la base est constituée par :

  • un masque ou des lunettes de piscine et un pince-nez
  • une paire de palmes ou une monopalme
  • et, suivant le milieu, une combinaison et un lestage approprié.

Les matériaux utilisés pour les palmes sont, par ordre croissant de performance, mais aussi de fragilité : le plastique, la fibre de verre, le carbone. Les monopalmes sont en fibre ou en carbone.

Par qui est portée l’apnée ?
En France, les deux acteurs principaux sont la FFESSM et l’AIDA, Association Internationale pour le Développement de l’Apnée. Contrairement à l’AIDA, la FFESSM ne reconnaît aucun record et n’organise pas de compétition, elle limite la profondeur à 40 m, afin de privilégier l’apnée loisir. C’est ce positionnement qui a poussé des apnéistes à se fédérer au sein de l’AIDA, non reconnue par la FFESSM.

Depuis, les progrès en apnée, en particulier dans le domaine de la profondeur, et le fait que malgré une position officielle des compétitions et des records sont organisés en France ont conduit à un rapprochement des deux organismes. La situation n’est cependant pas encore idéale.

Qui peut pratiquer l’apnée ?
Même si la pratique de l’apnée nécessite une bonne condition physique, elle est ouverte à tous. Sans rechercher la performance à tout prix, chacun peut découvrir le plaisir de s’immerger avec peu de matériel, la maîtrise de soi, la sensation de la glisse…

L’entraînement en région parisienne
L’apnée pure (hors chasse, géographiquement moins sélective) se pratique idéalement en milieu naturel, avec une bonne visibilité et une eau calme. Cependant, tout le monde n’a pas la chance ou l’opportunité (ou l’envie) de vivre sur la côte méditerranéenne. Bien que non côtière, la région parisienne constitue un réservoir important d’apnéistes qui s’entraînent régulièrement. Le nombre de clubs se développe, tiré par une demande croissante.

La piscine
On y pratique l’apnée statique et l’apnée dynamique.

En apnée dynamique, l’entraînement est basé sur une combinaison de variables :

  • distance à parcourir
  • nombre de longueurs à effectuer
  • temps de récupération
  • vitesse : statique, rapide, lent …
  • quantité d’air embarquée : poumons vides, moitié-pleins, pleins …

Les exercices ont de nombreuses déclinaisons.

Les fosses
Elles permettent de travailler les différentes disciplines de la profondeur, jusqu’à 20 m. Cependant toutes les fosses n’acceptent pas les apnéistes. Pour le CLIP, la fosse est celle de Conflans-Ste-Honorine.

La sécurité
La règle de base est de ne jamais pratiquer l’apnée seul ; en outre, la profondeur maximale doit être celle pour laquelle chacun des coéquipiers a la capacité d’aller chercher l’autre en cas de problème. Pour la profondeur, les descentes s’effectuent obligatoirement le long d’un câble, qui constitue un repère essentiel, surtout en cas de mauvaise visibilité.

Les risques
Il est important de rappeler que la pratique de l’apnée, dans des mauvaises conditions ou en ignorant les consignes de sécurité peut avoir des conséquences plus ou moins graves, qui peuvent aller jusqu’au décès. Le premier stade de gravité est la « samba » : en sortie d’apnée, le plongeur ne contrôle plus ses mouvements qui sont saccadés (d’où le nom). Cela dure quelques secondes. L’accident le plus grave est la syncope, soit la perte de connaissance. La plupart du temps elle a lieu en bout d’apnée, au moment de la première inspiration. Elle aussi ne dure souvent que quelques secondes. Lorsque l’accident a lieu dans un milieu bien encadré, les conséquences sont souvent minimes, le plongeur est pris en charge, il n’y a pas de séquelle, hormis peut-être sur le plan psychologique pour certains. En revanche, un plongeur qui perd connaissance et qui n’est pas récupéré par l’un de ses coéquipiers a toutes les malchances de se noyer, car il redescend (ou reste) au fond de l’eau et c’est terminé pour lui.

Même si elle est souvent minimisée, il ne faut pas prendre une syncope à la légère et dans tous les cas éviter qu’elle ne se reproduise. Il existe des signes avant-coureurs à la fois pour l’apnéiste et son binôme. Il est primordial de bien se connaître et de faire attention à ces signes, ne pas pousser exagérément ses limites et, dans tous les cas, de respecter les consignes de sécurité, voir de veiller à ce qu’elles soient bien respectées.

A partir de là, c’est du pur plaisir…