Plonger au NITROX

Le nitrox, ce mot bizarre ne vous dit peut être encore rien.
NITROX, de l’anglais NITRogen (azote) et OXygen, désigne un mélange de gaz respirable dont la proportion oxygène/azote est différente de celle de l’air (qui est d’environ 20 % d’oxygène et 80 % d’azote). Contrairement aux idées reçues, le nitrox n’est pas un mélange qui permet de plonger plus profond, bien au contraire. En plus il n’a ni goût ni odeur. Alors quel intérêt, me direz-vous, de plonger en respirant du nitrox plutôt que de l’air ?


Petit rappel

Peut-être vous souvenez-vous d’un moniteur qui un jour vous a expliqué (avec plus ou moins de clarté) qu’en plongée bouteille, l’azote contenu dans l’air que l’on respire se dissout dans le corps pendant la plongée. Pendant la remontée, cet azote dissout doit être expiré pour ne pas qu’il reprenne sa forme gazeuse et ainsi éviter le fameux accident de décompression. C’est pour cette raison que l’on ne doit pas remonter trop vite et dans certains cas, faire des paliers de décompression. Le corps aura le temps  » d’éliminer  » par la respiration, une partie du surplus d’azote accumulé pendant la plongée.Par ailleurs, sans doute avez vous déjà ressenti une certaine fatigue à la fin d’une bonne journée de plongée. C’est un autre effet de l’azote. Plus le temps de plongée et la profondeur sont importants, plus notre corps est saturé d’azote. Alors comment éviter ces désagréments voire, les risques dus à l’azote.

Comme souvent en matière de plongée, ce sont les militaires qui ont trouvé la solution. Puisque c’est l’azote qui pose problème, utilisons des mélanges dans lesquels il y a moins d’azote (ou plus d’oxygène). Bingo! Le nitrox est né. Depuis, l’utilisation du nitrox s’est largement démocratisé et continue à se répandre en Europe.
Alors, me demanderez vous  » pourquoi ne pas plonger avec de l’oxygène pur puisque c’est l’azote qui est la cause de tous ces maux ?  » En effet. Mais ce serait trop simple car l’oxygène en grande proportion et à forte pression est aussi toxique (c’est pas peu dire). Plus la profondeur de la plongée est importante, moins la proportion d’oxygène doit être importante. C’est la raison pour laquelle la plongée à l’air est limitée à 60 mètres, suivant votre niveau de formation bien sûr.

Donc plus votre nitrox contient d’oxygène, moins on pourra descendre. Mais plus on respire d’oxygène, plus on réduit les risques d’accident de décompression. Le compromis est vite trouvé : quand on utilise du nitrox, on fait son mélange à la limite de toxicité de l’oxygène pour la profondeur maxi de la plongée.

Ainsi à la carrière de Roussay où la profondeur maximum est de 40 mètres, on utilise un nitrox contenant 32 % d’oxygène (même si on ne dépasse pas 20 mètres ; on ne sait jamais).
Croyez-moi, en respirant un nitrox avec 32 % d’oxygène plutôt que de l’air avec 20% d’oxygène, on réduit réellement les risques d’accident de décompression et la fatigue se sent à peine. Seule contrainte importante pour ne pas s’exposer à la toxicité de l’oxygène, le nitrox nécessite une maîtrise parfaite de sa profondeur. C’est pour cela que la qualification de plongeur nitrox n’est accessible que pour les plongeurs de niveau 1 ayant déjà 10 plongées dans la zone des 20 mètres. Plus tard et sous certaines conditions, vous pourrez préparer la qualification de plongeur nitrox confirmé qui vous permettra d’utiliser pendant la même plongée, différents mélanges que vous aurez vous-même préparés. Ainsi vous accélérez encore plus l’élimination de l’azote dans votre corps.

Plusieurs plongeurs du club ont déjà franchi le pas. Le club dispose de cinq moniteurs nitrox et les carrières sont particulièrement bien équipées pour s’initier à ce mode de plongée encore plus sûre qu’à l’air. Alors avis aux candidats. Il n’y a qu’une demi-heure de théorie et pour une fois, pas d’examen.


Christophe Hardy
MF1 & Moniteur Nitrox